vendredi 9 mars 2012

C'était donc ça !

Flash-back
Rappelons-nous l'objectif de mon séjour à Dali : "bah moi, ce que je veux, c'est apprendre la peinture chinoise, tu vois, acquérir le geste, celui qui te permet d'un coup de pinceau de représenter le souffle ou l'âme, ce que tu veux. Je suis prête à faire des milliers de bambous s'il faut !"
Je me voyais donc peindre ça :
Non, non ce n'est pas de moi :-)
Mais alors pourquoi est-ce que personne ne m'apprend à peindre le bambou ici, et pourquoi les miens ressemblent-ils toujours à des arbres à piments ?
:-)
Et bien parce que j'ai fait tout à l'envers !!
Un mois plus tard les pièces du puzzle sont quasi au complet, je crois comprendre l'histoire (en 3 points :) :
Et bien d'abord, IL FAUT COMMENCER PAR LA CALLIGRAPHIE !! Je me demandais bien pourquoi tout le monde me harcelait avec ça, écrire dans une langue que je ne comprends pas ça ne me disait rien, moi... ERREUR !
La peinture n'est qu'un hobby, l'Art le vrai, c'est la calligraphie. A l'époque, les artistes qui avaient envie de s'échapper un peu de la rigueur de leur art (la calligraphie), se relaxaient en peignant. On retrouve donc, dans la peinture toutes les techniques du calligraphe, et c'est bien par là qu'il faut commencer pour apprivoiser le pinceau.
à gauche "Na-Ta-Li", en haut à droite, les fameux traits, points et autres maniements codifiés du pinceaux
On y apprend à se concentrer sur le trait, à gérer la pression du pinceau, à tracer des lignes selon un certain rythme --> bref l'apprentissage de la patience, de la mesure et du sang froid (grrrr!)
Donc en 1/ on apprend à dompter son pinceau et son énergie, et pour ce faire, on fait de la calligraphie


Et après ça, on peint des bambous ?! Et bien non, pas encore ! Le style de peinture que j'adore - celui du 1er bambou - s'appelle le style libre (quelques traits très rapides et hop ! le bambou apparaît). Mais, attention ! Il ne faut pas brûler les étapes, il s'agit désormais de poursuivre l'apprentissage, par la peinture dite de " facture minutieuse" (genre hyper précise, hyper fine) :
Et là, surprise ! En gros, on fait du calque ! Mais eh eh, minute papillon ! ce n'est pas si simple : là encore il faut faire preuve de patience et de calme pour gérer l'épaisseur et le rythme de chaque trait. (on ne dessine pas au feutre Monsieur, on peint !)
Et voilà !!
L'objectif cette fois-ci est de bien intégrer les formes : en gros quand j'aurai fait 10 fois la pivoine (si si) ci-dessus, et ben j'aurai "en moi" la forme des pétales, l'emplacement des feuilles, l'épaisseur de la tige.... et je saurai dessiner des pivoines de tête.
Donc en 2/ on apprend par coeur les formes des fleurs / arbres ou montagne en les recopiant x fois
Ici ainsi, on ne se prétend pas créatif comme ça, il faut passer par tous ces apprentissages : après avoir fait des pages et des pages de calligraphie, copié des dizaines et des dizaines de bambou... Et ben, (en 3/) on peut se lancer dans les bambous-libres, mais pas avant hein, sinon on a vu ce que ça donne ! (j'ai encore du taf donc ;-)



ça c'est la technique pour mettre de la couleur... Mais on n'est pas encore arrivé au bout de l'histoire (il faut bien 5 jours !) donc, à suivre...

Allez, ce soir on échange les rôles avec une programmation exceptionnelle au Bad Monkey (des Français au micro) : Les Chinois ne comprennent rien... Mais ils adorent :-)


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